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Le projet architectural

Le végétal et l’eau sont les matrices du projet.

L’écrin visuel, sonore, olfactif, sensitif d’un projet naturellement environnemental.

Il ne fallait rien déranger, juste se poser le plus délicatement possible sur un espace où toute construction paraîtrait étrangère.

L’eau est partout présente et l’impact de la façon dont les bâtiments étaient posés sur le sol ou l’eau devait, à notre sens, jouer aussi un rôle pédagogique sur les comportements écocitoyens et l’implication de tous sur la gestion de notre environnement naturel.

La discrétion doit être force du projet, mais discrétion ne veut pas dire disparition, et notre proposition refuse un mimétisme factice avec la nature, mais au contraire cherche à établir un dialogue entre des espaces naturels et un espace bâti qui doit en révéler la valeur.

On entre à pied, en longeant une palissade ajourée.

Une allure de sentier, un chemin de campagne, une fraction d’espace enserrée dans un écrin de verdure et d’eau.

La vision du bâtiment principal est progressive, le champ de vision s’élargit au fur et à mesure que le sentier s’ouvre et laisse glisser le regard sur le bâtiment. Le choix d’une couverture cuivrée, laisse présager un bâtiment qui changera dans le temps et des teintes vert/cuivres réfléchiront les couleurs des bassins et du ciel.

Pas de décaissement, de remblais, de talus, d’interventions lourdes habituelles dans les travaux publics de cette envergure, mais au contraire, le choix du ponctuel, du « réversible » pour les générations à venir. Le bâtiment existera physiquement mais son impact sur le paysage et sur le sol sera minimisé.

Nous avons fait le choix d’une architecture immédiatement assimilable à l’espace réunionnais et à sa tradition, à la pêche, à la nature, celui d’une forme qui projette à la fois l’essence même du bâtiment (la vouve), mais retranscrite dans l’inconscient collectif comme l’image d’une architecture lacustre, liée à la mer par les bassins, et à la terre par le bois et ses dérivés (lattis de bois intérieurs symbolisant les tiges de moufia des vouves).

L’architecture doit transmettre du sens.

Olivier BRABANT, architecte.

 
Perspective du projet de Musée