A la suite de l’accord cadre de coopération signé à Victoria le 12 février 2003 et conclu pour une durée de trois ans, entre la République des Seychelles et la République Française (Préfecture de La Réunion, Département et Région Réunion) définissant les orientations, priorités et principes à privilégier entre les deux parties, le Centre des Eaux Douces de l’ARDA a été mandaté pour :
Ce travail n’avait encore jamais été, il constitue la première étude exhaustive des peuplements de poissons et de crustacés d’eau douce des Seychelles.

Pachypanchax playfairii,
"goujon" endémique des Seychelles (B. Wendling)
Cette étude est réalisée sous maîtrise d’ouvrage de la DAF de Mayotte. Son objectif est de caractériser les peuplements de poissons et d’invertébrés des eaux douces (endémisme, répartition, habitats, espèces introduites) et d’établir un état des lieux sommaire de la qualité des milieux en relation avec les populations observées, en vue de donner à l’administration, aux collectivités et aux gestionnaires un outil de connaissance utile pour la mise en place de mesures de gestion et de conservation.
Cet objectif général peut être décomposé en deux objectifs particuliers définis selon le cahier des charges :
L’étude débutera en 2006. Elle sera réalisée par une équipe d’hydrobiologistes expérimentés, composée de chercheurs, d’ingénieurs et de techniciens supérieurs de l’ARDA et du Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, associant leurs connaissances sur la systématique des poissons et invertébrés d’eau douce de la zone intertropicale, sur la diversité des milieux aquatiques d’eau douce de la zone et sur les techniques récentes d’investigation et d’échantillonnage des cours d’eau.
Le programme de recherche « Ecosystèmes Tropicaux » (convention ARDA, GIP ECOFOR) prévoyait une comparaison entre les peuplements des îles des Mascareignes.
C’est dans ce cadre qu’une mission d’échantillonnage et de prélèvement à l’Ile Maurice a été organisée en 2002. Cette campagne d’échantillonnage a permis d’apporter les premiers éléments de connaissance de la faune aquatique des cours d’eau de Maurice.
Les travaux ont permis l’échantillonnage de 17 stations sur 8 des principaux bassins versants pérennes de l’île. 18 espèces de poissons et 10 de crustacés décapodes, comprenant des espèces diadromes, vicariantes, complémentaires et sporadiques indigènes de Maurice, ont été recensées. Parmi les espèces recensées, il faut noter la présence remarquable du cabot bouche-ronde Cotylopus acutipinnis, endémique des îles des Mascareignes, et du cabot rayé Stenogobius polyzona endémique des îles Madagascar et des Mascareignes chez les poissons, et des caridines Caridina mauritii, C. richtersi et C. spathulirostris, endémiques de l’Ile Maurice chez les macrocrustacés.
Cette première étude a montré la forte diversité ainsi que la forte valeur patrimoniale des peuplements de poissons et de macrocrustacés d’eau douce de l’Ile Maurice. Face au développement des besoins et de l’exploitation des milieux aquatiques d’eau douce de l’île, il apparaît maintenant primordial de mettre en œuvre des efforts d’investigation et de suivi de la qualité de ces milieux, par la poursuite de ces premiers inventaires et la mise en place de réseauw de suivi, sur plusieurs années au moins.
Mission d’échantillonnages et de prélèvements à l’Ile Maurice par
l’ARDA et le GIP ECOFOR (Grande Rivière Noire, Ile Maurice, 2002)
A la suite de la mission d’échantillonnage des principaux cours d’eau pérennes réalisée dans le cadre du programme de recherche « Ecosystèmes Tropicaux » (convention ARDA, GIP ECOFOR), le Ministère de l’Environnement de Maurice a sollicité le Centre des Eaux Douces de l’ARDA pour :
Présentation des résultats de l’inventaire des poissons et macrocrustacés, réalisé en 2002 sur les principales rivières pérennes de l’Ile Maurice :
A l’occasion de l’exposition « Autour de l’eau », organisée par le Ministère de l’Environnement de la République de Maurice, du 5 au 10 juin 2003, à Maurice, le Centre des Eaux Douces de l’ARDA a été sollicité pour présenter les résultats du premier inventaire des poissons et macrocrustacés d’eau douce des principales rivières pérennes de l’île, réalisé en novembre 2002 dans le cadre du programme de recherche Ecosystèmes Tropicaux. Cette intervention d’une journée (le ) a été financée par l’Ambassade de France à Maurice.
L’intervention du Centre des Eaux Douces a été suivie par un atelier de travail avec les différents acteurs mauriciens dans le domaine de l’eau (administrations, organismes de recherche, association de protection de la nature…) pour établir un plan d’actions à mener, à la suite de ce premier inventaire.
Parmi les recommandations établies par ce groupe de travail, une première action majeure a été proposée à très court terme : la formation d’une équipe mauricienne à la connaissance et l’investigation des milieux aquatiques d’eau douce.
Présentation des résultats de l’inventaire piscicole lors de la
Semaine sur l’Eau à Maurice (Domaine Les Pailles, Ile Maurice, 2003)
Formation d’agents mauriciens à la connaissance et à l’investigation des peuplements de poissons et de macrocrustacés d’eau douce des Mascareignes :
Suite à la journée de présentation du 9 juin 2003 le Ministère de l’Environnement mauricien a organisé un atelier de formation du 2 au 6 décembre 2003 à Maurice (Domaine Les Pailles). Cette formation a été réalisée avec le soutien financier de l’Ambassade de France à Maurice.
L’atelier a consisté en une formation théorique de 2 jours destinée à une trentaine de stagiaires, suivi immédiatement d’une formation pratique sur le terrain de 3 jours pour huit stagiaires.
La partie théorique a notamment abordé les points suivants :
Cette formation a permis de transférer les connaissances minimales nécessaires à une autonomie des mauriciens pour la poursuite de l’inventaire co-ordonnée par l’ARDA en 2002. A moyen terme, l’équipe formée pourrait également assurer la mise en place d’un réseau de suivi piscicole à Maurice.
Plus généralement, cet atelier a sensibilisé les stagiaires à l’importance d’une bonne gestion qualitative et quantitative des eaux superficielles à Maurice, et à la nécessité de mettre en place des mesures de protection et de conservation des habitats aquatiques d’eau douce et de la faune piscicole.
Formation d’agents mauriciens à la connaissance et à l’investigation des peuplements de poissons et de macrocrustacés d’eau douce des Mascareignes :
Suite à la journée de présentation du 9 juin 2003 le Ministère de l’Environnement mauricien a organisé un atelier de formation du 2 au 6 décembre 2003 à Maurice (Domaine Les Pailles). Cette formation a été réalisée avec le soutien financier de l’Ambassade de France à Maurice.
L’atelier a consisté en une formation théorique de 2 jours destinée à une trentaine de stagiaires, suivi immédiatement d’une formation pratique sur le terrain de 3 jours pour huit stagiaires.
La partie théorique a notamment abordé les points suivants :
- connaissances générales des milieux aquatiques,
- les protocoles d’échantillonnage,
- la mise en œuvre d’un réseau de suivi piscicole,
Plus généralement, cet atelier a sensibilisé les stagiaires à l’importance d’une bonne gestion qualitative et quantitative des eaux superficielles à Maurice, et à la nécessité de mettre en place des mesures de protection et de conservation des habitats aquatiques d’eau douce et de la faune piscicole.
Formation d’agents mauriciens aux techniques d’échantillonnage
(Rivière Noire, Ile Maurice, 2003)

Formation d’agents mauriciens à la détermination
et aux mesures sur les espèces (Ile Maurice, 2003)
Depuis 1996, le Centre des Eaux Douces de l’ARDA élabore et réalise des programmes d’études et de recherches sur les peuplements de poissons et de macrocrustacés d’eau douce de La Réunion, en partenariat scientifique et avec le soutien financier du Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable (GIP ECOFOR), de la Direction Régionale de l’Environnement (DIREN), du Conseil Supérieur de la Pêche (CSP), du Conseil Régional de La Réunion et du Conseil Général de La Réunion.
Le séminaire, co-organisé par la DIREN et l’ARDA, sous l’égide du GIP ECOFOR, les 6 et 7 novembre 2003 à l’Hôtel Archipel, Saint-Gilles-les-Bains, Ile de La Réunion, a fait un point sur l’état des connaissances ainsi recueillies sur la faune dulçaquicole de l’île, mais aussi sur les menaces qui pèsent sur cette faune et sur les mesures de gestion et de conservation à mettre en œuvre pour mieux la préserver.
Les exposés ont été présentés par les chercheurs et ingénieurs qui ont collaboré aux travaux initiés par le Centre des Eaux Douces, ainsi que par des experts spécialisés en hydrobiologie continentale (Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris, CNRS, CSP, CEMAGREF, ENSAT, Université de La Rochelle, Université de Montpellier II, Université de Lyon I).
Séminaire "Etat de la connaissance et gestion des populations
de poissons et de macrocrustacés d’eau douce de La Réunion
(6, 7 novembre 2003, Saint-Gilles-les-Bains, Ile de La Réunion)
Télécharger l’article du programme de recherche « Ecosystèmes tropicaux » (57 Ko)
Télécharger l’extrait du cahier « Ecosystèmes tropicaux » (1,46 Mo)
Ce programme est porté par le Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris (équipe BIOME, Eric FEUNTEUN et Philippe KEITH). Il a reçu un soutien financier partiel de l’Institut Français pour la Biodiversité (IFB).
Dans les îles de l’Océan Indien, la biodiversité des eaux douces est en majeure partie constituée par des poissons (61 espèces) et macro-crustacés (22 espèces). La plupart de ces espèces sont amphihalines : elles vivent toutes en eau douce, certaines s’y reproduisent, et toutes ont la particularité d’avoir une phase larvaire océanique. Certaines sont endémiques d’une île ou d’un archipel, d’autres sont largement réparties dans tout l’IndoPacifique. Ces espèces ont un rôle économique localement important : les civelles (larves d’Anguillidés), les bichiques (larves de Sicydinés) et les camarons (larves de Palaemonidae) sont exploités comme sources de protéines, et , dans l’ouest de l’Océan Indien, une forte spéculation se fait jour sur l’exploitation, le commerce et le développement de l’aquaculture d’anguilles (Mozambique, Afrique du Sud, Madagascar).
Les îles autour de Madagascar abritent une biodiversité dulcicole dont le fonctionnement commence à être connu. Cependant, le rôle de l’île-continent malgache reste inconnu. Quels sont les rôles respectifs des systèmes insulaires volcaniques récents par rapport au continent africain et à Madagascar, dans la production régionale des larves qui recrutent en estuaire ? Où sont les espaces sources de biodiversité de ces espèces amphihalines ? Comment ces espèces se distribuent-elles dans les habitats des différents systèmes d’eau douce de Madagascar ? Comment s’organisent leurs populations en réponse aux pressions environnementales croissantes ? Comment gérer ces ressources dans le contexte du développement durable ?
Le projet DIAMSOI propose d’inventorier la diversité de ces espèces amphihalines dans certaines régions malgaches et d’établir l’importance de Madagascar pour la dynamique de ces stocks exploités.
L’étude porte sur deux types de cours d’eau de Madagascar (un grand bassin versant de l’ouest, et quelques bassins versants de petite taille de l’extrême nord ouest de l’île) et un type de cours d’eau d’une île haute volcanique (poursuite du suivi actuel à La Réunion). La combinaison des données de terrain, des analyses de la dynamique des populations et de la télédétection à grande échelle permet de préciser le fonctionnement régional des populations, le rôle qu’y tient Madagascar, et d’interpréter la biodiversité des eaux douces des îles de l’Océan Indien d’un point de vue fonctionnel.