Après avoir validé techniquement et économiquement la pertinence de l’élevage semi-intensif du tilapia en étang comme modèle d’élevage, l’ARDA a initié à partir de 1994 un programme de transfert au secteur privé, avec l’installation soit d’unités de production aquacole en activité principale (niveau de production : 25 à 30 tonnes), soit d’unités de production aquacole en diversification aquacole (niveau de production : 0,3 à 1 tonne).
Jusqu’à présent, l’ARDA s’est donc fortement impliquée, en liaison avec les services instructeurs (DAF), le Conseil Régional de La Réunion et les partenaires concernés dans l’accompagnement des initiatives privées, et ce, à plusieurs niveaux :
Installation d’unités de production de taille économique (en activité principale)
Aujourd’hui, à La Réunion, le nombre d’unités de production de taille économique avec l’aquaculture comme activité principale, s’élève à 7 dont 5 élevages de tilapias en étangs bâchés et 2 élevages de truites en bassins hors sol.
Première ferme privée à avoir bénéficié du transfert technologique
en matière d’élevage de Gueule Rouge
Installation d’unités de production en diversification aquacole
Le programme de développement de l’aquaculture en diversification aquacole dans les Hauts de l’île, initié en 1995, en partenariat avec l’Association de Promotion en milieu Rural (APR), a débuté en 1997 avec l’installation des premiers producteurs. Les principales constatations après 7 ans de fonctionnement (1997 – 2003) sont les suivantes :
Valorisation aquacole d’une retenue collinaire
chez un agriculteur des Hauts
Face à ce constat, un bilan de l’activité aquacole dans le cadre de la diversification agricole a permis :
Aujourd’hui, l’activité aquacole en diversification à La Réunion s’articule autour de 11 producteurs, dont 3 agriculteurs qui, en 2003, ont mis en place un élevage de poissons sur leur exploitation, sur fonds propres. L’élevage est réalisé en bassins hors sol ou en cages flottantes dans des retenues d’eau collinaires (tilapias, truites…).
Dans le secteur aquacole, la disponibilité en alevins de qualité à un prix compétitif demeure un des principaux freins à l’investissement productif notamment en phase de démarrage de filière.
L’ARDA, depuis 1994, garantit l’approvisionnement des producteurs privés en juvéniles concernant les filières dont elle a assumé le transfert à La Réunion (tilapias, black-bass, ombrines… ), à travers l’outil ECLOSIA.
Le contrôle de la reproduction
Dans les systèmes d’élevage en étang de type semi-intensif, la grande efficacité de la reproduction et une maturité précoce des espèces de tilapia du genre Oreochromis, induisent une rapide surpopulation en milieu confiné. Les étangs sont alors peuplés de poissons de petite taille difficilement commercialisable. Un contrôle de la reproduction est donc nécessaire.
Deux orientations sont possibles :
1°) L’élevage associé avec un prédateur : le prédateur est chargé de consommer les alevins issus de la reproduction. Le contrôle de la reproduction s’effectue donc au niveau de la progéniture.
2°) La production de populations monosexes mâles : cette orientation est la plus souvent adoptée. Elle repose sur l’existence d’un dimorphisme sexuel de la croissance en faveur du mâle chez le tilapia. L’objectif est donc de produire des populations monosexes mâles. Le contrôle de la reproduction s’effectue donc au niveau des poissons en élevage en éliminant les possibilités de reproduction par la présence d’un seul sexe, en l’occurrence le sexe mâle.
Dans le cadre de ses activités de recherche, l’ARDA a été amené à travailler sur ces deux orientations.
1°) L’élevage associé du tilapia avec une espèce piscivore, le black-bass Micropterus salmoides :
Quelle que soit la technique utilisée (sexage manuel, inversion du sexe, lignée de pseudofemelles…), la production de populations monosexes mâles n’est pas systématique et le pourcentage de femelles résiduelles varie de 1 à 10 %. L’intérêt de l’élevage associé avec un prédateur réside dans la capacité de ce dernier à réguler les populations d’alevins issues de la reproduction de ces femelles résiduelles.
2°) La production de populations monosexes mâles :
L’existence chez le tilapia d’un dimorphisme sexuel de la croissance jouant en faveur des mâles, orienta rapidement les recherches vers la production de populations à haut pourcentage de mâles (le monosexage), afin de supprimer toute reproduction incontrôlée et d’améliorer les performances globales du système de production (augmentation de la croissance, réduction de l’agressivité par diminution de la territorialité).
Plusieurs voies sont étudiées par l’ARDA pour produire des populations monosexes mâles chez le tilapia.
Une première voie, encore au stade expérimental, s’appuie sur l’existence d’une influence de la température d’élevage sur la différenciation sexuelle. Chez le tilapia, une forte température d’élevage (34-36°C) se traduit par une augmentation du pourcentage de mâles dans les populations d’alevins. Ce phénomène est comparable à celui observé chez certains reptiles et amphibiens où la température d’incubation des œufs détermine le sexe de l’individu. Chez le tilapia, les travaux de recherche ont permis de caractériser ce phénomène et de définir la température et la période de sensibilité optimales. Toutefois, cette voie reste difficile à mettre en œuvre compte tenu des fortes températures exigées.
Une seconde voie, basée sur le mécanisme de détermination du sexe chez le tilapia, est actuellement appliquée en production. Cette voie consiste à produire et à sélectionner des lignées de géniteurs de génotype sexuel mâle. Ces individus sont appelés pseudofemelles ZZ chez le tilapia Oreochromis aureus et super mâle YY chez le tilapia Oreochromis niloticus. L’ARDA a principalement travaillé sur le tilapia Oreochromis aureus en développant une lignée de géniteurs pseudofemelles. Les travaux ont porté sur tous les aspects de la biologie de ces poissons (déterminisme du sexe, reproduction, croissance).
Oreochromis aureus
Dans le cadre d’une collaboration avec l’Université de Liège, l’ARDA engage depuis 2004 des travaux sur une lignée de supermâles YY chez Oreochromis niloticus.
Oreochromis aureus
L’amélioration des performances de croissance
Même si le contrôle de la reproduction est un élément essentiel dans l’élevage du tilapia, l’augmentation de la productivité des fermes aquacoles passe également par l’amélioration des performances de croissance. Sur ce point, l’ARDA a engagé une réflexion ainsi que les premiers travaux expérimentaux en 2003 – 2004. Il s’agit dans un premier temps de caractériser la croissance des espèces et des souches élevées actuellement à La Réunion : Oreochromis aureus ; Oreochromis niloticus et le tilapia rouge Red Florida. Ces données serviront de référentiels et de base de comparaison. Deux orientations sont possibles pour améliorer les performances de croissance :
L’aquaculture continentale à La Réunion s’appuie essentiellement sur l’élevage du tilapia (Oreochromis aureus, tilapia rouge Red Florida, Oreochromis niloticus et Oreochromis mossambicus mutant rouge) et de la truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss). Il existe cependant des micro-marchés (restauration, agro-tourisme, pêche sportive…) pour d’autres espèces d’eau douce comme la carpe, le black-bass.
Deux espèces sont identifiées à ce jour pour diversifier la production aquacole en eau douce : le black-bass Micropterus salmoides et la carpe Cyprinus carpio. L’intérêt du black-bass dans la régulation des reproductions de tilapia a déjà été évoqué. La carpe est une espèce susceptible d’être élevé dans toutes les zones de l’Ile.
Les programmes de recherche d’accompagnement sur ces deux espèces sont principalement axés sur :
1°) La reproduction et l’élevage larvaire
L’élevage d’une espèce passe par la maîtrise de ces deux phases essentielles. L’objectif des essais réalisés est de disposer de données biologiques suffisantes pour garantir un approvisionnement des producteurs en alevins.
2°) La mise au point de schéma d’élevage susceptible d’être transférés dans les exploitations privées
A partir des alevins produits, il s’agit de tester et d’adapter dans le contexte socio-économique local, un schéma d’élevage permettant d’optimiser la croissance de chaque espèce. Chez la carpe, par exemple, les essais consistent à tester la croissance en cage (schéma d’élevage adaptable dans les Hauts) et en étang (schéma d’élevage adaptable chez les producteurs en étang).
Micropterus salmoides
Cyprinus carpio
Organisées en juin 1999, à l’initiative de l’ARDA et avec le soutien technique de l’IFREMER, les premières « Journées aquacoles de l’Océan Indien » ont permis de rassembler les différents acteurs de la région sud-ouest de l’Océan Indien impliqués dans le domaine aquacole, et de révéler une volonté commune de coopérer et de partager un objectif commun, celui de poursuivre le développement d’une aquaculture responsable et durable en s’appuyant sur un code de conduite respectueux de l’environnement et répondant aux attentes des consommateurs.
Sur la base de cet objectif commun, ce séminaire a permis d’identifier plusieurs thèmes fédérateurs sur lesquels il apparaît possible et opportun de s’appuyer pour tenter d’asseoir une politique de coopération qui puisse constituer à l’avenir un levier fort de développement.
Parmi ces thèmes, trois principaux ont été retenus par les participants de ces Journées :
Ce premier thème de coopération vise à compenser la faiblesse du dispositif de recherche / développement dans la région et l’isolement des structures locales, en favorisant les échanges et les rencontres scientifiques et par là même l’identification de problématiques communes de recherche. A terme, l’ambition de cet axe de coopération serait la définition et la mise en œuvre de programmes régionaux de R&D destinés à accompagner l’essor de l’aquaculture dans la zone en partageant les efforts de recherche en fonction des compétences et des moyens de chaque pays. Plus concrètement, il s’agirait de concevoir et d’animer un réseau d’opérateurs locaux impliqués dans le développement aquacole (organismes de recherche, laboratoires d’universités, centres techniques… ) par différents types d’actions :
En novembre 2003, l’ARDA a ainsi organisé un séminaire sur les enjeux et perspectives de développement de l’aquaculture continentale dans le contexte régional, avec pour objectifs :
Le nombre de techniciens spécialisés en aquaculture a largement progressé ces dix dernières années dans la région. Ce nombre est toutefois insuffisant dans certains pays désireux d’entreprendre un programme de développement. Ce point particulièrement sensible a d’ailleurs largement été soulevé par l’ensemble des participants lors de la synthèse des Journées Aquacoles de l’Océan Indien.
Réalisées sous forme d’ateliers régionaux thématiques, ces formations ouvertes aux professionnels, aux techniciens et aux agents du développement, pourraient être un excellent vecteur d’échanges et de rencontres pour tous les acteurs de la zone impliqués dans le secteur aquacole.
Cet axe de coopération, complémentaire aux précédents, a pour principal objectif d’initier une réflexion commune sur la sélection de nouveaux transferts technologiques à entreprendre dans la zone, en intégrant les spécificités de chaque pays. Une telle démarche, susceptible d’optimiser les compétences régionales tout en renforçant les partenariats extérieurs, garantirait une évaluation préalable des projets de transferts profitables à tous les pays.
Lors du séminaire, plusieurs filières ont été identifiées comme offrant des perspectives pour la zone : la crevetticulture, la pisciculture marine et continentale, l’élevage des mollusques et des algues…
Le contexte local et la genèse du projet :
Pisciculture en étang dans la région d’Arkaboze (Moyen Ouest)
D’un impact actuellement limité au sein de l’économie nationale, la pisciculture continentale à Madagascar dispose cependant d’un large potentiel : 150 000 ha de rizières et 200 000 ha d’espaces propices. En raison des limitations de la production de la pêche et des problèmes pathologiques qui secouent actuellement le monde de l’élevage (en particulier bovin et porcin), le secteur est amené à se développer fortement à Madagascar. Outre sa contribution à l’amélioration de l’alimentation humaine (apport complémentaire de protéines d’origine animale), cette activité peut être effectivement génératrice de revenus si son approche est rationalisée. Cependant, l’état des lieux révèle certaines carences défavorisant la structuration de la filière :
La promotion et le développement de cette activité sectorielle à Madagascar nécessite alors des actions concertées dans les domaines de la diversification / amélioration / gestion des souches exploitées, la formation / encadrement des acteurs, l’assistance technique pour la création des infrastructures et leur exploitation, et enfin, la structuration de la filière.
Afin de rationaliser la professionnalisation de la filière, une Convention de Partenariat pour la promotion et la structuration de l’activité sectorielle fut signée au Conseil Régional de La Réunion entre le FOFIFA, l’APAM, l’ARDA en Janvier 2001.S’appuyant sur des opérateurs et des investissements privés et afin de diversifier les productions aquacoles locales, ce Programme tripartite choisit comme modèle biologique le tilapia (Oreochromis niloticus). La crise politique de 2002 à Madagascar engendra cependant une suspension pendant 6 mois des activités de l’APAM et une décomposition partielle de l’association qui ne permit pas la réalisation des chiffres de production attendus (300 000 alevins) dans le cadre de cette Convention de Partenariat.
Début 2003, le démarrage du Projet FSP-FORMA (Fonds de Soutien Prioritaire – Forum de la Recherche à Madagascar ; Fonds du Ministère français des Affaires Etrangères) a permis de re-dynamiser cette collaboration scientifique et technique par l’élaboration en mai d’un nouveau Projet de Recherche et Développement dans le domaine de la pisciculture continentale, réunissant le FSP-FORMA, le FOFIFA, l’APAM et l’ARDA.
Les objectifs et les stratégies du Protocole de Collaboration :
Le but commun de ce partenariat technique est l’amélioration de la production piscicole avec une pérennisation de l’exploitation par la promotion de l’élevage du tilapia monosexé. Cette collaboration doit permettre, à terme, la mise en œuvre de modèles ou de systèmes d’élevages (itinéraires techniques) avec une diversification des espèces exploitées. Organisées autour d’un lieu commun d’application (la station piscicole expérimentale de Kianjasoa – Moyen Ouest), 2 grands types d’actions sont programmés en concertation entre les 4 partenaires pour les 3 prochaines années :
* des actions de Recherche / Développement :
* des actions de formation :
Le bon déroulement de ce programme de coopération scientifique repose sur une identification concertée des actions de R&D à mettre en œuvre pour restructurer et professionnaliser la filière, avec une définition pertinente du rôle à jouer des différents partenaires en fonction de leurs compétences et intérêts respectifs.
La collaboration est organisée autour de 3 fiches Etude/Action :
Fiche Etude/Action 1 : Réhabilitation de la Station de Kianjasoa
Contexte, justification et description de l’étude/action
La réalisation du programme de R&D envisagé au sein de ce protocole nécessite une base d’application commune. Le choix du site s’est arrêté sur la station piscicole expérimentale de Kianjasoa mise à la disposition du projet FOFIFA. Située dans le Moyen Ouest (proximité de Babetville-Sakai) à environ 200 kms de Tananarive, elle se place au sein d’un domaine FOFIFA de 6 000 ha. Elle fut construite en 1970 et s’étend sur une surface de 1 ha incluant plus de 30 bassins (écloserie, barrages…). Les intérêts du choix de Kianjasoa comme base d’application sont multiples : 1°) station déjà en activité mais sous-exploitée ; 2°) site adapté techniquement à la réalisation du programme (nécessité d’investissements limités, infrastructures en assez bon état, disponibilité en eau avec peu ou pas de risques d’inondation ; 3°) zone à avantage économique important : proximité de Tananarive, région favorable à l’implantation de producteurs privés.
L’objectif de cette étude/action est la réhabilitation de la station piscicole de Kianjasoa, afin d’en faire une base d’application fonctionnelle pour le secteur de la pisciculture continentale malgache.
Vue de la station piscicole expérimentale de Kianjasoa en janvier 2001
Vue de la station piscicole expérimentale de Kianjasoa
après réhabilitation en mai 2004
Nourrissage des étangs de production d’alevins monosexés de tiilapia
Station piscicole de Kianjasoa
Un des objectifs de la réhabilitation de la station était de la rendre opérationnelle pour la production d’alevins monosexés de tilapia Oreochromis niloticus. Dès fin 2003, les travaux de production et de validation d’un schéma d’élevage adapté aux conditions locales ont été engagés.
A partir du stock de géniteurs disponibles, la station de Kianjasoa a produit et vendu entre novembre 2003 et mai 2004, 50000 juvéniles monosexés de 8-10 g.
Grâce à la réhabilitation effectuée en 2003/2004, le projet dispose désormais d’une station piscicole expérimentale opérationnelle qui se positionne comme une station de référence et une vitrine de l’activité aquacole à Madagascar. Rappelons que cette station expérimentale a deux principales missions :
1°) Produire des alevins monosexés pour approvisionner les producteurs privés. A partir de la saison de reproduction 2004/2005, une surface de 2800 m² sera consacrée à cette activité.
2°) Mettre en place des actions de Recherche/Développement destinées notamment à établir les référentiels zootechniques d’élevage du tilapia (Fiche Etude/Action 4). La majorité des étangs de 100 m² seront consacrés à ces travaux expérimentaux.
Fiche Etude/Action 2 : Stock géniteurs tilapia
Contexte, justification et description de l’étude/action
Les premiers tilapia ont été introduits à Madagascar au cours des années 50 avec comme espèce modèle le Tilapia melanopleura issu de la station piscicole de Djoumouna au Congo. L’objectif de cette introduction était d’améliorer la production piscicole et plus particulièrement celle des lacs où l’on avait constaté des niches écologiques vacantes non valorisées par la faune ichtyologique locale. Plusieurs introductions ont été faites par la suite. Au total, six espèces de Tilapia ont été introduites dans les plans d’eau jusqu’en 1956 (T. rendalli, T. shirana, T. nigra, O. macrochir, T. zillii, O. mossambicus et O. niloticus). O. niloticus fut introduit d’Egypte et de Maurice en 1956 et s’est très vite adapté aux conditions climatiques locales.
Des phénomènes d’hybridations avec d’autres espèces ont été observés dans les plans d’eau malgaches (cas du tilapia trois quart du lac Itasy). O. niloticus demeurera cependant par la suite l’espèce dominante et il n’est pas rare de voir dans les produits des pêcheurs des spécimens de 1,5 kg. Pour Mantasoa, la dernière introduction de O. niloticus date de 1972 et certains auteurs pensent qu’il pourrait y avoir encore des spécimens génétiquement purs dans ce lac. Ces deux lacs (Itasy et Mantasoa) constituent donc des réservoirs potentiels pour la constitution de stocks de géniteurs.

Tilapia Oreochromis niloticus mâle – Souche Kianjasoa
Actuellement, la station de Kianjasoa dispose d’un stock de géniteurs O. niloticus (souche Kianjasoa).
Le renforcement du stock de géniteurs de la station pour, d’une part répondre aux besoins dela production et d’autre part, étudier l’hypothèse d’un effet souche sur les performances de croissance en fonction du milieu, doit se faire en tenant compte des capacités de stockage de la station, des impératifs en matière de recherche et développement (référentiels zootechniques, Fiche E/A 3) et des impératifs de production de tilapia monosexés pour les producteurs (Fiche E/A 1).
Il est donc proposé dans un premier temps de renforcer le stock de géniteurs de Kianjasoa en collectant un premier pool de géniteurs du lac Itasy (facilité de transport, présence de la principale ferme de production sur le lac Itasy).
Une première étude comparative des deux souches Itasy et Kianjasoa sera engagée en septembre 2004. L’opportunité de l’introduction d’une souche en provenance de Mantasoa sera étudiée au regard des résultats de cette première étude comparative.
Fiche Etude/Action 3 : Référentiel Technique Tilapia
Contexte, justification et description de l’étude/action :
A chaque structure d’élevage piscicole et pour chacun des stades de développement du produit, correspondent un ou plusieurs itinéraires techniques envisageables, à adapter aux contraintes agro-économiques locales. L’optimisation des choix techniques pour un contexte particulier nécessite alors de disposer d’informations de référence. Pour ce faire, une synthèse des connaissances empiriques, techniques et scientifiques existantes à Madagascar dans ce secteur d’activités est à entreprendre. Des recherches sont également nécessaires pour ajuster et adapter au mieux les schémas traditionnels d’élevage du tilapia aux systèmes de production agricole locaux. Ces investigations seront principalement axées sur :
Cette Etude/Action contribuera à la mise au point de techniques d’élevage pérennes et adaptées aux différentes zones agro-économiques concernées.
L’élaboration d’un Référentiel Technique pour l’élevage du Tilapia à Madagascar (RTT) constitue l’objectif principal de cette Etude/Action. Les informations capitalisées au sein du RTT porteront sur l’ensemble de la chaîne de production du tilapia, depuis l’amont de l’activité sectorielle (étude de la fécondité relative des femelles…) jusqu’à son aval (production d’alevins, de fingerlings et de poissons de consommation…).
Pour l’établissement des référentiels zootechniques d’élevage du tilapia, le projet s’appuiera principalement sur la station piscicole de Kianjasoa, base de référence en aquaculture continentale. L’existence de structures privées de production permettra d’étendre l’étude des référentiels à d’autres systèmes de production (cages flottantes, élevage en milieu rural…) caractérisées par des conditions socio et agro-économiques différentes.
La réflexion sur cette Etude/Action a conduit à la proposition et à la validation de plusieurs protocoles expérimentaux qui contribueront à l’établissement de ces référentiels zootechniques. L’objectif fixé est de disposer de données suffisantes en juin 2005 afin d’envisager une étape de diffusion/vulgarisation des référentiels zootechniques auprès des acteurs du développement.
Les référentiels zootechniques :
1) Caractérisation des performances de reproduction de deux souches Oreochromis niloticus :
Depuis l’initiation du projet en 2000, les souches O. niloticus notées APAM et Kianjasoa, ont fait l’objet d’une caractérisation partielle de leur performance de reproduction. Dans le cadre du projet, il est prévu de renforcer le stock de géniteurs en important une nouvelle souche O. niloticus originaire du lac Itasy (Fiche E/A 2). Une caractérisation et une comparaison des performances de reproduction des souches Kianjasoa et Itasy sont programmées pour la saison 2004-2005 (Mémoire de DEA en Biologie Animale – Université d’Antananarivo). Outre la caractérisation des souches en terme de reproduction, cette étude contribuera à optimiser la gestion des stocks de géniteurs, en adéquation avec la capacité de production en alevins de la station piscicole de Kianjasoa.
2) L’élevage larvaire :
Elevage en happas en étang – Station Piscicole de Kianjasoa
Le schéma proposé pour l’élevage du tilapia repose sur une collecte des œufs dans la bouche des femelles, une incubation des œufs en bouteille de « Zug », suivi d’un élevage larvaire en étang ou en bassin. Les alevins obtenus début 2004 ont permis au chercheur de tester deux systèmes d’élevage larvaire : soit en bassin de 100 litres, soit en happa en étang. L’inversion du sexe est effectuée pendant cette phase d’élevage larvaire sur une durée de 28 jours. L’objectif est de déterminer le système d’élevage le plus approprié aux conditions locales ainsi que les conditions optimales de production.
Le système d’élevage en happa apparaît comme le mieux adapté au contexte local par rapport à l’élevage en bassin de 100 litres. Le taux de survie et la croissance sont conformes aux données bibliographiques sur le tilapia. Les résultats médiocres en bassin sont certainement à mettre en rapport avec le faible débit d’eau disponible au niveau de l’écloserie (Fiche E/A 1). Le système d’élevage en happa sera donc adopté dès septembre 2004 pour la production d’alevins monosexés du tilapia. Ces premiers résultats définissent les principaux paramètres (densité, ration alimentaire) du schéma d’élevage larvaire du tilapia sur la station de Kianjasoa.
3) Les référentiels technico-économiques :
La production d’alevins monosexés est désormais suffisamment standardisée pour envisager d’engager des essais de croissance afin de définir les référentiels technico-économiques dans des conditions de production. Pour ce faire, il est prévu d’effectuer des expériences et des suivis dans les systèmes d’élevage en place, à savoir :
Avec ces deux sites, nous disposerons de référentiels pour les deux principaux modèles d’élevage semi-intensif du tilapia : le modèle étang et le modèle cage flottante. Ces données pourront être complétées par un suivi sur d’autres sites de production caractérisés par des condition agro et socio-économiques différentes, comme par exemple la ferme agro-touristique Opy Fish Park à Tananarive ou des essais en étang chez des paysans producteurs de la région deKianjasoa.
L’objectif de ces expériences est d’être en mesure de proposer aux opérateurs privés un modèle d’élevage standard en fonction de leurs conditions agro-économiques, ce qui peut se résumer par cette question : quel modèle d’élevage pour quel niveau de production et à quel coût ?
Ces travaux, sous la responsabilité de M. Samuel RAKOTOAMBININA, chercheur de la station de Kianjasoa, porteront notamment sur la densité d’élevage, la croissance, la caractérisation thermique des sites de référence, l’alimentation et la qualité de l’aliment….
3.1) Elevage en étang
Les travaux seront principalement réalisés sur la station de Kianjasoa. Les étangs de 100 m² (1 are) seront consacrés à l’établissement de ces référentiels zootechniques de l’élevage du tilapia. Les travaux programmés en 2004/2005 sont les suivants :
3.2) Elevage en cage flottante (Lac Ampefy – Aquaculture de l’Itasy)
Elevage en cage flottante sur le lac Ampefy (région d’Itasy)
Cette ferme constitue un excellent support pour l’établissement des référentiels zootechniques qui regroupe toutes les orientations du projet : une ferme artisanale en production semi-intensive fonctionnant avec des intrants (aliment et alevins) et située à proximité de Tananarive qui reste le principal centre de commercialisation visé pour l’écoulement des produits aquacoles. Cette ferme offre également une possibilité de comparaison avec l’élevage en étang à Madagascar.
3.3) Les projets en milieu rural
Si les deux sites Kianjasoa et Itasy constituent à ce jour le noyau central pour l’établissement des référentiels zootechniques, l’élargissement à d’autres systèmes de production, plus artisanaux et caractérisées par des conditions agro-socio-économiques différentes sont à prendre en considération. Cette option nécessitera l’implication d’autres partenaires, l’équipe actuelle de FOFIFA se concentrant sur Kianjasoa et Itasy.
3.4) Les projets agro-touristiques : l’exemple d’Opy Fish Park

Opy Fish Park (région d’Antananarivo)
La ferme Opy Fish Park à Tananarive se définit avant tout comme un projet agro-touristique orienté vers la valorisation des produits d’eau douce soit par la vente directe au consommateur, soit par la pêche récréative. Dans le cadre de cette Etude/Action, cette ferme constitue un site de référence à plusieurs niveaux :
L’initiation d’un partenariat Réunion / Mozambique :

Etangs d’élevage piscicole au Mozambique
A la suite des contacts pris avec le Département Aquaculture du Ministère des Pêches du Mozambique, un projet de collaboration a été identifié entre l’ARDA, en partenariat avec l’Université de La Réunion et différents organismes locaux et nationaux, et le Ministère des Pêches du Mozambique. Il s’agirait de mettre en œuvre à La Réunion un cursus de formation en aquaculture pour un groupe de techniciens du Département Aquaculture, récemment créé au sein du Ministère des Pêches mozambicain.
Séminaire « Journées Aquacoles de l’Océan Indien – 1ère édition » - du 31 mai au 3 juin 1999 – Ile de La Réunion :
Du 31 mai au 3 juin 1999, se sont tenues les premières Journées Aquacoles de l’Océan Indien – « Réalités et perspectives du développement de l’aquaculture dans le sud-ouest de l’Océan Indien », au Muséum Stella Matutina, Saint-Leu, Ile de La Réunion.
Ce séminaire a été organisé par l’ARDA et AQUACOOP (Coopérative des Aquaculteurs de La Réunion), animé par l’IFREMER et le CIRAD, sous le parrainage de la Région Réunion et de l’Union Européenne. Destiné aux décideurs, acteurs du développement (organismes de transfert, groupements professionnels) et aux scientifiques, il a réuni des représentants de France métropolitaine, des îles françaises de l’Océan Indien (Réunion, Mayotte), de Madagascar, de Maurice, des Seychelles, des Comores, de Madère, de Chypre, d’Afrique du Sud, du Mozambique...
Avec pour objectif d’initier et de mettre en place une dynamique de développement régional partenariale, équilibrée et durable, du secteur aquacole dans le sud-ouest de l’Océan Indien, il s’est articulé en 3 sessions : 1) L’aquaculture dans le Monde ; 2) Situation du développement aquacole dans les pays de la zone ; 3) Table ronde sur les perspectives et réalités du développement de l’aquaculture dans la zone sud-ouest de l’Océan Indien.
Télécharger le programme du séminaire au format PDF (160 Ko) (accès codé)
Le téléchargement de documents est codé. La demande de codes figure en bas de page. Pour mieux répondre à vos attentes, merci de préciser dans votre demande la rubrique concernée (RD aquaculture/RD Environnement/Ecole de l’Eau).
Séminaire « L’aquaculture d’eau douce : enjeux et perspectives de développement dans le contexte régional» - du 24 au 27 novembre 2003 – Ile de La Réunion :
Organisé par l’ARDA, ce séminaire a reçu le soutien scientifique et technique du CIRAD, de l’Université de Liège, de l’APR (Agence pour la Promotion en milieu Rural), du Commissariat à l’Aménagement des Hauts, de l’URCOOPA, d’AQUACOOP, du FOFIFA, de l’APAM et du Ministère des Pêches du Mozambique, et la participation financière de l’Union Européenne et de la Région Réunion. Il s’est tenu du 24 au 27 novembre 2003, à l’Hôtel APOLONIA PALADIEN, Saint-Leu, Ile de La Réunion.
Les objectifs de ce séminaire étaient les suivants :
Trois sessions ont été proposées :
1) L’état du développement de l’aquaculture dans la zone,
2) Les systèmes d’élevage en pisciculture d’eau douce,
3) Les stratégies de développement dans le cadre d’une coopération régionale.
Télécharger le programme du séminaire au format PDF (610 Ko) (accès codé)